A l’heure du chien le visage nu
confié aux lassitudes des nuages
Silence on vient dit le théâtre.
Le fond du ciel transperce.
Emprises déroutées
présence pleine
libre joie des retrouvailles.
Le livre sombre en sa lumière.
Blanc de Mai
en chemin creux.
Dans l’oraison du regard
l’aubépine a surgi
de la terre mouillée
où colle toute enfance
comme un bouton de porte
vers l’effusion de grâce
la mer impossible.
Soleil lourd et frontal. Rires de papier mâchés
Cœurs en carton bouilli
Festonnés par vos soins de fanfares joviales
D’espoirs très raisonnables
Qui ne résistent pas aux cris silencieux
D’une nuit quadrillée par toutes vos mesures.
Dehors s’est habillé de ce qui te concerne
Sauvage et monstrueux c’est ton corps rejeté
Dont le rêve mortel soudain t’a relevée.
(A Carole)
Il restera si peu au creux de nos chemises
De ces espoirs germant au corps de nos pensées
Confus et balbutiants, doux comme la rosée
Levée des lendemains qui ont bordé le fleuve
Où s’écoulaient nos journées d’à-côté
Si peu de ces instants où les doigts se desserrent
Quand les trains, pour finir, peuvent bien nous laisser
La paix du tout est bien (pas plus mal en tous cas)
Les fracas et les ruines et la joie échappée
Dans le souci de toi.
Montée du jour jusqu’à midi la rumeur entre par le rideau
Petits éclats décomposés un pas puis l’autre
De l’eau sur la faïence des étoiles mauves à tes cils
Un regard une bouche dans le couloir du rêve
Fantômes timides et translucides
Une voile puis l’autre, sillages sur le fleuve
Cristaux anciens portes grinçantes branches ployées
Un signe un autre léger et pulsatile
Le secret de leurs voix qui pouvait te sauver.
sur une musique de Paul Carlotti
Mille et une visites comme plumes passantes
A mes semailles blanches à mes gués impossibles
Mille et un sauts de l’ange cœur fidèle yeux ouverts
Main courante des jours saisie à bras le corps
Mille et une échappées sur le surplomb des mots
Aujourd’hui ou hier de mon silence au vôtre
Ces mille et un passages si doux sur mon épaule
Je vous en dois la grâce.
D’une peur à l’autre le jour quitte le jardin
Blanchit le ciel et trouble l’étendue
Aux derniers chants quelqu’un
Guette et tourne la tête à une voix lisant
La langue enfouie dessous les mots
Paisible et pleine comme une eau vive.
Le temps d’une bascule
Viennent à elle assise sur le perron
Les choses pour ce qu’elles sont
La lumière et la joie
L’intime coïncidence.
Un impossible flambe aux coutures défaites
Par les ballons de ciel grattés de branches mauves
Eclatant aux pignons des toitures siamoises
Par le train balancé déroulant ton regard
Des corbeilles de friche au ciment des fenêtres
Ceinturées de poussière
Saignées de cimetières et de nécessités
Toujours là même ici le bivouac brûlant
De ta sombre nature.
Dans la pluie lente comme une fumée
Derrière les mots qui s’égouttent
La brique rouge te concentre.
Avancer en sans chemin
En réciter passive l’espace ouvert
Pour l’instant de l’élan du visage élargi
Le soudain des choses lisibles et neuves
Ton seul bien.
Eaux montantes, crêtes d’embâcle
Ce qui me serait monde
Fiché au seuil de mes violences muettes
Par le clou d’une silhouette noire
Marchant sur la levée
Résonnance de la perte advenue
Si peu d’évocable et de pari tenu
Face aux froideurs à venir.